En bref : la sculptrice numérique londonienne Rayvenn D’Clark crée des sculptures hyperréalistes en associant numérisation 3D, Geomagic Freeform, dispositif haptique de 3D Systems, impression 3D et fonte du bronze. Son œuvre Black Renaissance, installée au Freedom Monument Sculpture Park de Montgomery (Alabama), en est l’exemple le plus marquant.
Sommaire
- Black Renaissance, des sculptures hyperréalistes au Freedom Monument
- Sculpture traditionnelle et numérique, main dans la main
- Le flux de travail de sculpture avec Freeform
- La fabrication d’Evonne with an E
- Le Freedom Monument et la commande de Black Renaissance
- La collaboration avec Millimeter
- Des sculptures hyperréalistes fidèles au modèle 3D
- Jouer librement avec Freeform
- Votre projet de sculptures hyperréalistes
Black Renaissance, des sculptures hyperréalistes au Freedom Monument
Au cœur de l’Alabama, le long du fleuve, un trio de sculptures monumentales attire le regard. Une femme, un homme et trois enfants forment un cercle. Leurs bustes en bronze mesurent environ trois mètres de haut.
Malgré leur taille, ces sculptures hyperréalistes sont d’une précision étonnante. Intitulée Black Renaissance, l’œuvre est installée de façon permanente au Freedom Monument Sculpture Park de Montgomery, ouvert en mars 2024.
Ce parc retrace l’histoire des États-Unis, de l’esclavage à l’émancipation. L’artiste à l’origine de l’œuvre est Rayvenn Shaleigha D’Clark, sculptrice numérique basée à Londres. Sa vision : honorer les figures anonymes de l’histoire. Pour cela, elle associe numérisation 3D, impression 3D et fonte traditionnelle du bronze.

« Mon ambition est de mettre en lumière des personnes qui sont rarement représentées dans l’espace public, en leur offrant la reconnaissance qu’elles méritent », explique Rayvenn D’Clark. Elle souhaite ainsi mettre en avant l’unicité de chaque personne.
Malgré sa jeunesse, elle a déjà attiré l’attention des grands médias aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. Son travail s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux. C’est ainsi que l’Equal Justice Initiative (EJI), à l’origine du parc, lui a commandé Black Renaissance en février 2023. En avril 2024, elle a ensuite été nommée dans le classement Forbes 30 Under 30.
C’est en travaillant sur ce monument qu’elle a découvert Geomagic Freeform et le dispositif haptique Touch de 3D Systems. Ces outils font désormais partie intégrante de sa pratique.
Sculpture traditionnelle et numérique, main dans la main
Rayvenn D’Clark a découvert la sculpture numérique à l’université. En parallèle, elle pratiquait le moulage de corps et le travail du silicone. En entrant dans le métier, elle a vite compris que la 3D pouvait améliorer son flux de travail.
« J’ai toujours été fascinée par la 3D, mais je ne maîtrisais pas totalement la technique. Après mon diplôme, en rejoignant l’agence MTArt, j’ai réalisé que la numérisation et l’impression 3D offriraient une production efficace. Grâce à cette technologie, je pouvais obtenir un hyperréalisme et un niveau de détail que je n’atteignais auparavant qu’à la main. Elle offre des possibilités bien plus vastes que la sculpture manuelle », explique-t-elle.
Dans son approche, le traditionnel et le numérique se complètent. « Lorsque vous créez des objets numériquement, vous avez toujours besoin d’un point de référence. Pour moi, cela a toujours été le dessin. Je réfléchis constamment à la façon de concevoir un objet dans le monde réel », précise-t-elle.
« Il est essentiel de comprendre les proportions, les dimensions et l’échelle. Freeform et le dispositif haptique permettent simplement de transférer ces compétences dans le monde numérique », conclut-elle.
Le flux de travail de sculpture avec Freeform
Son processus commence toujours par un concept et un modèle. Ensuite, elle suit trois étapes pour créer ses sculptures hyperréalistes.
1. La numérisation du modèle. L’objectif est de capturer un maximum de détails. Toutefois, le scan n’est pas toujours parfait et peut présenter des lacunes. Elles sont corrigées à l’étape suivante.
2. Le travail dans Freeform. Le scan est importé dans Freeform. L’artiste comble les imperfections et ajuste le modèle jusqu’au résultat souhaité. Ce fichier devient la base de la sculpture.
3. La fabrication. Deux options sont possibles. Soit la sculpture est imprimée en 3D directement. Soit le modèle sert à créer un moule, ensuite coulé en bronze ou en métal précieux.
Evonne with an E, un portrait en bronze de sa grand-mère réalisé en 2023, illustre ce processus. Rayvenn D’Clark a d’abord numérisé le visage avec un scanner portable Creality Lizard. Puis elle a envoyé le modèle CAO à une fonderie.

La fabrication d’Evonne with an E
Le moulage a commencé par une impression test, pour valider les données du modèle. Une seconde impression a ensuite servi de base à la méthode de la cire perdue. Cette technique crée un moule autour de l’impression 3D, dans lequel on coule le bronze. Elle reproduit très bien les détails fins dans les métaux précieux.
« C’était incroyable à voir. Au début, je pensais proposer surtout des objets imprimés en 3D. Mais j’ai compris que les fichiers 3D peuvent servir de base à de nombreux autres processus. Cela m’a ouvert l’esprit à une multitude d’options », confie-t-elle.
Le Freedom Monument et la commande de Black Renaissance
De la même façon, l’artiste a utilisé le bronze pour les bustes de Black Renaissance. C’est à ce moment que Freeform est entré en jeu.
« Le projet a émergé de manière organique », raconte-t-elle.
« Lorsque l’équipe de l’Equal Justice Initiative a vu sur Instagram un buste miniature imprimé en 3D que j’avais réalisé à la mi-2022, elle a contacté mon agence. » Après plusieurs échanges, elle a signé une commande de plusieurs millions de livres, la plus importante de sa carrière.

La collaboration avec Millimeter
Millimeter, société de conception et de fabrication basée à Brighton, a été un partenaire clé du projet. L’artiste et son équipe ont travaillé étroitement avec elle pour construire les sculptures dans Freeform. Cette expérience l’a profondément marquée.
« Lorsque j’ai vu Freeform pour la première fois, j’en suis tombée amoureuse. Lors d’une session sur place, le concepteur 3D de Millimeter m’a permis de tester son dispositif haptique. J’ai su que c’était la prochaine étape de ma pratique. J’ai rapidement investi dans un nouvel ordinateur portable et dans le dispositif haptique de 3D Systems », raconte-t-elle.
L’équipe de Millimeter a scanné les modèles, les a construits en 3D, puis les a utilisés pour créer les moules. C’était un nouveau processus pour l’artiste, qui n’avait jamais imprimé directement à partir d’un scan. Pourtant, elle était sereine. En effet, l’équipe avait une vision claire et des rendus numériques de haute qualité dès le départ.
« L’élément 3D était si précis que nous savions dès le premier mois exactement ce que nous produisions, jusqu’aux détails des fossettes. Tout a été fabriqué numériquement », précise-t-elle.
Des sculptures hyperréalistes fidèles au modèle 3D
Les moules ont été fabriqués en Europe, puis rapportés au Royaume-Uni pour la fonte. Chaque sculpture est une réplique exacte du modèle 3D. « Malgré la taille du projet, tout s’est bien déroulé. Avec une vision claire et l’outil 3D, le processus devient bien plus simple », conclut-elle.

Jouer librement avec Freeform
Depuis qu’elle a acquis une licence Freeform et un dispositif haptique auprès d’OR3D, au Royaume-Uni, l’artiste explore le logiciel en profondeur. « Freeform m’a vraiment ouvert l’esprit sur ses capacités créatives. Il a révolutionné ma pratique », confie-t-elle.
Les outils de sculpture Clay de Freeform sont particulièrement adaptés aux détails fins. « La création de sculptures hyperréalistes en numérique exige d’adapter ses yeux à la technologie. Il y a beaucoup de manipulations, notamment quand il manque des données, comme sur les visages. Je m’appuie sur les barres d’outils Mesh et Clay : Construire, Sculpter, Détailler, Déformer, Peindre, Sélectionner/Déplacer. Je les utilise comme en sculpture traditionnelle, et cela me semble tout à fait naturel. »
Dans les mois à venir, Rayvenn D’Clark poursuivra plusieurs projets et ses recherches universitaires. Elle suivra aussi une formation avancée en haptique et sur Freeform, afin d’explorer toutes les possibilités du logiciel.
Votre projet de sculptures hyperréalistes
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Sources : Rising Star, Geomagic